Histoires enseignement
Posté le 06.11.2006 par numislam

Des Hindous avaient amené un éléphant ; ils l'exhibèrent dans une maison obscure. Plusieurs personnes entrèrent, une par une, dans le noir, afin de le voir. Ne pouvant le voir des yeux, ils le tâtèrent de la main.
L'un posa la mains sur sa trompe ; il dit : "Cette créature est telle un tuyau d'eau"
L'autre lui touche l'oreille : elle lui apparut semblable à un éventail.
Lui ayant saisi la jambe, un autre déclara : "L'éléphant a forme de pilier."
Après lui avoir posé la main sur le dos, un autre dit : "En vérité, cet éléphant est comme un trône."
De même, chaque fois que quelqu'un entendait une description de l'éléphant, il la comprenait d'après la partie qu'il avait touchée. Leurs affirmations variaient selon ce qu'ils avaient perçu. Si chacun d'eu avait été muni d'une lumière, leurs paroles n'auraient pas différé.
L'oeil de la perception est aussi limité que la paume de la main qui ne pouvait cerner la totalité (de l'éléphant). L'oeil de la mer est une chose, l'écume en est une autre ; délaisse l'écume et regarde avec l'oeil de la mer....L'eau a une Eau qui la pousse, l'esprit un Esprit qui l'appelle."
(Rûmi)
C'est ainsi que discutant de Dieu, les gens se disputent.
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Posté le 02.11.2006 par numislam

Dans son "colloque des oiseaux", Farid al-Din Attar, nous conte la parabole du Symorgh, itinéraire de l'homme vers Dieu.
Le symorgh, c'est l'oiseau-Roi-soleil, symbole de Dieu :
Cent mille oiseaux se rassemblent pour aller à sa recherche... Certains attachés par leur idolâtrie -le fait d'aimer comme tout ce qui n'est pas le tout- s'y dérobent et s'excusent. Le rossignol sera retenu par l'amour de la rose ; le paon, par les beautés de la terre ; le canard, par son eau, etc... L'initiatrice, la Huppe (qui dans le Coran emmène la reine de Saba à Salomon) fait ressouvenir aux autres que l'amour aime les choses difficiles ; ils éprouvèrent alors le désir d'entreprendre le voyage, le coeur soulevé par la pensée inassouvie du Symorgh.
La route est longue et dure, semée d'embûches, de chutes, de traverséees du désert...
A travers mille épreuves, après avoir franchi les sept vallées du désir, de la recherche, de l'amour, de la connaissance, du détachement, de l'unité de l'extase, de l'extinction du moi, trente seulement arrivent au terme de leur pérégrination ; ils parviennent à la septième vallée dans un total dénuement : sans plumes, nus, le coeur brisé, brûlés de corps et d'âme, devenus comme du charbon en poussière.
C'est alors qu'ayant tout donné, toutes choses leur furent rendues. Ils furent admis à contempler la face du Roi. Et voici qu'il leur dévoila le secret de la pluralité et de l'unité des êtres : dans le reflet de leurs propres visages, ces trente oiseaux contemplèrent la face du Symorgh (signifie 30 oiseaux en persan), eux tous ne faisant qu'un, transfigurés par le renoncement à eux-mêmes et à toutes choses. Le Symorgh leur dit :
"Le Soleil de ma majesté est un miroir. Celui qui vient s'y voit tout entier....Quoique vous soyez profondément changés, vous vous voyez vous-mêmes tels que vous étiez déjà...Lorsque vous avez franchi les vallées du chemin redoutable, lorsque vous avez souffert et combattu pour vous dépouiller de vous-mêmes et atteindre la plénitude, vous n'avez agi que par mon action. Anéantissez-vous donc en moi glorieusement et délicieusement, afin que vous vous retrouviez vous-mêmes en moi..."
Attar conclut :
"Les oiseaux s'anéantirent à la fin pour toujours dans le Symorgh : l'ombre se perdit dans le solei, et voilà tout"
"Celui qui était mort
que nous avons ressuscité,
et à qui nous avons remis une lumière
pour se diriger parmi les hommes,
est-il semblable à celui qui est dans les ténèbres d'où il ne sortira pas ?"
(Coran VI, 122)
Posté le 15.10.2006 par numislam
Si un rayon de soleil passe au travers d'une lucarne et se projette sur le mur, tu pourras dire que le soleil se reflète sur le mur. Et pourtant, qui y a-t-il de commun entre le soleil et le reflet d'un de ses rayons ?
(Emir 'Abd el-Kader)
Posté le 13.10.2006 par numislam

L’apologue des peintres de Byzance et de Chine
« Un jour un sultan appela des peintres à son palais, les uns venant de Chine, les autres de Byzance. Les Chinois prétendaient être les meilleurs artistes ; les Grecs, de leur côté, revendiquaient la précellence de leur art. Le Sultan les chargea de décorer d’une fresque deux murs qui se faisaient face. Un rideau séparait les deux groupes de concurrents qui peignaient chacun une paroi sans savoir ce que faisaient leurs rivaux. Mais tandis que les Chinois employaient toutes sortes de peintures et déployaient de grands efforts, les Grecs se contentaient de polir et lisser sans relâche leur mur. Lorsque le rideau fut tiré, l’on put admirer les magnifiques fresques des peintres chinois se reflétant dans le mur opposé qui brillait comme un miroir. Or, tout ce que le sultan avait vu sur le mur des Chinois semblait beaucoup plus beau, reflété sur celui des Grecs »
(Rûmi « Anthologies du soufisme » Eva de Vitray Meyerovitch)
La pureté d’un miroir est sans nul doute le cœur qui reçoit d’innombrables images. C’est ainsi qu’en polissant et purifiant son cœur du désir, de la cupidité, de l’avarice et de la haine on reflète dans le miroir de son propre cœur l’infinie forme sans forme de l’Invisible, et c’est lumière !
Ce
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