Le combat
Posté le 16.11.2006 par numislam
« Au sein de l’Océan où tu nais submergée,
Ame humaine, perle fine, en ta coquille cachée,
N’es- tu pas un joyau de toi-même ignoré ?…
Mais voici que vers toi un fier navire s’avance :
De toute sa cargaison il te faut t’emparer,
Pour sertir de ses biens ta couronne de science,
Où triomphera pour toi : «Lumière et Vérité »
Protectrice de ta lutte et de tes efforts,
La vague amie te mène au centre d’un trésor
Où le « Mudjahédé » (1) doit te livrer son or.
Là deux sultans rivaux se tiennent face à face,
Ton cœur est le champ-clos de leurs luttes tenaces
Là, sera couronné le Sultan « Passion »
A moins que par sa force le Sultan « Raison »
Ne triomphe de lui, châtiant son audace.
Sultan « Passion » et sa garde royale,
Entraînant au combat le « Nafs » (2),
l’âme bestiale,
Se voit vite opposer les plus vaillants soldats
D’Es-Rouh (3),
l’allié de « Raison » et de son sultanat.
Puis, apparaît l’arbitre, il clame : « O Cavaliers !
N’êtes-vous pas du Seigneur les fiers Chevaliers ?…
O troupes de Hak (4) :
Foncez ! Donnez la charge !
Et vous guerriers de « Passion » : redoublez de rage !
(Chacun ne veut-il pas gagner à son parti
La victoire ailée, fût-elle son ennemie ?)
Mais intervient la Grâce. Elle dit : « vaincra celui
Que j’aurai secouru, même s’il a faibli »
O Grâce ! Celui qui par toi peut être accompagné,
Quels que soient les détours de sa route escarpée,
A Mak-Ad’sidk (5),
Temple du Glorifié,
Recueillera là le prix de sa fidélité.
(Abd al-Qâdir al-Jilânî)
(1)combat de la conscience ; exercices spirituels ; luttes du bien et du mal
(2) Nafs = l’ego, l’âme bestiale que chacun porte en soi
(3)El-Rouh : l’esprit. Parcelle de l’âme Divine que chacun porte en soi.
(4) Hak : Dieu –le Vrai-
(5) Mak-ad’sidk : le degré le plus élevé dans la proximité de Dieu.
Calligraphie : "Nafs".
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Posté le 12.11.2006 par numislam

Le Djihad
Pour vivre dans la Lumière, il faut lutter : c’est un combat de résistant! Et c’est là le sens du mot « Djihad » qui signifie exactement « effort sacré » dans le chemin de Dieu. C’est la lutte permanente pour vaincre divisions et oppressions afin de faire prévaloir la justice et l’harmonie sur le monde de la guerre, guerre se disant « harb ».
« Il vous est prescrit de combattre bien que vous l’ayez en aversion. C’est ainsi qu’il vous arrive de détester ce qui vous convient et, au contraire, de rechercher ce qui vous est nuisible…. » (Coran II, 216)
Le Prophète Muhammad (saws) qui était comme l’arc dans les mains de l’Archer (Coran VIII, 17), et qui s’est vu contraint à livrer des batailles contre les agresseurs de sa communauté naissante a prononcé ces paroles en revenant de l’une d’elle :
« Nous sommes revenus du petit djihad au grand djihad (Rajâna min el jihâdil-açghar ila ‘l-juhâdil-akbar) ». Dans le même esprit, il a dit : « …le vrai combattant est celui qui a combattu son désir »
Il a donc fait une distinction entre :
- Le « grand djihad » accompli contre sa propre âme, le combat pour vaincre les prétentions égotiques de l’âme qui la disperse et l’attire vers les ténèbres. C’est la lutte à mener contre les ennemis intérieurs, ces éléments idolâtres contraires à l’ordre et à l’unité, afin que seule Sa Parole soit la plus haute et illumine le cœur. Ce combat peut aboutir à l’accomplissement de cet autre hadith : « mourez avant de mourir » qui est Vie de Lumière.
« Ne crois surtout pas que ceux qui sont tués dans le chemin de Dieu sont morts. Il sont vivants ! » (III, 169)
- Le « petit djihad ». Comme son nom l’indique, si ce combat extérieur est petit par rapport au grand, c’est qu’il n’est que secondaire et intermittent, déterminé par certaines conjonctures, une image sensible du combat intérieur. Ce petit djihad n’implique d’ailleurs pas forcément la lutte armée puisqu’un hadith affirme que « l’encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs » et que « le meilleur djihad est fait par celui qui dit un mot de vérité devant un souverain inique »
Si donc le combat armé peut être imposé par certaines circonstances, il ne peut être que défensif en vue de la justice et dépourvu d’esprit de vengeance. Dieu n’aime pas les agresseurs (II, 190) et les injustes qui sèment corruption et scandale, attitude inverse du Djihad qui a pour but la Paix, racine du mot Islam.
« Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre), parce que vraiment ils sont lésés ; et Dieu est certes à même de les secourir : ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient : "Dieu est notre Seigneur"…... » (Coran XXII, 39-40)
calligraphie : Coran, sourate XLII, 9
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